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Faire opposition à un commandement de payer

Mis à jour le 11 juillet 2026

Faire opposition à un commandement de payer

En bref

Dès la réception d'un commandement de payer, vous disposez de dix jours pour faire opposition (art. 74 al. 1 LP). C'est gratuit et sans justification : oralement à l'agent qui vous remet l'acte, ou par écrit à l'office des poursuites. L'opposition suspend immédiatement la poursuite (art. 78 al. 1 LP) : le créancier ne peut la continuer qu'en obtenant la mainlevée ou en agissant en justice (art. 79 à 84 LP). Elle ne fait toutefois pas disparaître la poursuite du registre.

Recevoir un commandement de payer n'est pas anodin, mais ce n'est pas une condamnation. Si vous contestez la dette — en tout ou en partie — la première chose à faire est de former opposition, dans un délai court. Voici comment, et ce qui se passe ensuite.

Le délai : dix jours, à ne pas manquer

Vous avez dix jours à compter de la notification du commandement de payer pour faire opposition (art. 74 al. 1 LP). Ce délai est strict. Si vous le manquez, la poursuite suit son cours et vous perdez ce blocage automatique ; un rétablissement (restitution de délai, art. 33 al. 4 LP) n'est possible que si un empêchement non fautif vous a réellement empêché d'agir, à condition de réagir dans les dix jours suivant la fin de cet empêchement.

Comment faire opposition (gratuitement)

L'opposition est gratuite et ne demande aucune motivation. Deux façons de la former : oralement, en la déclarant immédiatement à la personne qui vous remet le commandement de payer, ou par écrit à l'office des poursuites qui a émis l'acte. Vous n'avez pas à expliquer pourquoi vous contestez. L'opposition peut être totale ou partielle : si vous ne contestez qu'une partie de la somme, indiquez précisément le montant que vous reconnaissez, faute de quoi elle est considérée comme totale.

Ce que l'opposition change

L'opposition suspend immédiatement la poursuite (art. 78 al. 1 LP). Le créancier ne peut pas continuer tant qu'il n'a pas fait « lever » votre opposition : soit par la mainlevée si sa créance repose sur un jugement ou une reconnaissance de dette signée (art. 80 à 82 LP), soit en portant l'affaire devant le juge (art. 79 LP). La charge d'agir repasse donc au créancier. Attention : l'opposition ne fait pas disparaître la poursuite du registre ; elle y reste inscrite, avec la mention de l'opposition.

Et pour la rendre invisible aux tiers ?

Trois mois après la notification, si vous aviez fait opposition et que le créancier n'a pas engagé de procédure valable (mainlevée ou action en justice), vous pouvez demander à l'office de ne plus communiquer la poursuite aux tiers : c'est la non-divulgation (art. 8a al. 3 let. d LP). C'est souvent l'étape suivante logique après une opposition restée sans suite.

Combien coûte une opposition ?

Rien. Former opposition est gratuit pour le débiteur.

Dois-je expliquer pourquoi je conteste ?

Non. Une opposition totale ne demande aucune justification. Vous n'aurez à motiver votre position que si le créancier engage ensuite une procédure de mainlevée ou une action en justice.

J'ai raté le délai de dix jours, que faire ?

La poursuite continue. Un rétablissement du délai (art. 33 al. 4 LP) n'est envisageable que si un empêchement non fautif vous a empêché d'agir à temps, en réagissant dans les dix jours suivant sa disparition. À défaut, il reste la voie judiciaire (art. 85 / 85a LP) si la dette est éteinte ou inexistante.

Vous avez fait opposition et le créancier n'a rien entrepris ? Vérifiez gratuitement si la non-divulgation s'applique à votre cas.

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Les voies pour agir