Crédit refusé : registre des poursuites, ZEK, IKO et CRIF
Mis à jour le 5 août 2026

En bref
Trois systèmes distincts peuvent expliquer un refus de crédit ou de leasing en Suisse : le registre des poursuites, tenu par les offices ; la ZEK, base des établissements de crédit et de leasing ; et les agences privées de solvabilité comme CRIF ou Creditreform. Faire radier une poursuite ne nettoie donc pas automatiquement la ZEK, et inversement. La LPD vous donne un droit d'accès à vos données (art. 25 LPD) et un droit de rectification ou d'effacement des données inexactes (art. 32 LPD) auprès de chaque organisme.
Beaucoup de refus de crédit sont attribués à tort à une poursuite. En réalité, votre banque ou votre société de leasing consulte le plus souvent d'autres bases de données, sur lesquelles la radiation d'une poursuite n'a aucun effet direct. Savoir qui détient quoi est la condition pour corriger la bonne information au bon endroit.
Trois bases de données à ne pas confondre
Le registre des poursuites est tenu par l'office des poursuites de votre domicile ; il recense les procédures d'exécution forcée et se consulte via un extrait à 17 CHF (art. 12a OELP). La ZEK (Centrale d'information de crédit) est alimentée par les banques, sociétés de leasing et émetteurs de cartes : elle enregistre les demandes de crédit, les refus et les retards de paiement. L'IKO est le registre des crédits à la consommation, prévu par la loi sur le crédit à la consommation. Enfin, CRIF, Creditreform ou Intrum sont des sociétés privées qui calculent un score de solvabilité à partir de sources variées. Un prêteur consulte généralement plusieurs de ces sources.
Pourquoi radier une poursuite ne suffit pas toujours
C'est la mauvaise surprise classique : vous obtenez le retrait d'une poursuite, votre extrait est propre — et le crédit reste refusé. La raison est que l'entrée ZEK liée à un retard de paiement ou à un refus antérieur suit ses propres règles de conservation, indépendantes du registre des poursuites. Assainir son extrait reste utile, notamment face aux bailleurs et aux employeurs qui, eux, ne consultent que celui-ci ; mais pour un crédit, il faut traiter chaque base séparément.
Exercer votre droit d'accès
La loi fédérale sur la protection des données vous permet de demander à tout organisme quelles données il détient sur vous (art. 25 LPD) ; la demande est en principe gratuite. Adressez-la séparément à la ZEK, à l'IKO et aux agences de solvabilité concernées, avec une copie d'une pièce d'identité. Vous recevrez le détail des entrées et leur date. C'est la seule manière de savoir ce qui bloque réellement votre dossier plutôt que de le supposer.
Faire corriger une donnée inexacte
Si une entrée est fausse, périmée ou repose sur une dette contestée, vous pouvez en exiger la rectification ou l'effacement (art. 32 LPD). Adressez une demande écrite motivée à l'organisme, en joignant les preuves : quittance de paiement, attestation de retrait du créancier, jugement. En cas de refus, l'organisme doit au minimum mentionner que la donnée est litigieuse. Le Préposé fédéral à la protection des données peut être saisi si le dialogue échoue.
Mon banquier voit-il mes poursuites ?
Pas directement : le registre des poursuites n'est pas librement accessible. En revanche, la banque peut vous demander de produire vous-même un extrait, et elle consulte la ZEK ainsi que des agences de solvabilité.
Combien de temps une entrée reste-t-elle à la ZEK ?
Les durées dépendent du type d'entrée et sont fixées par le règlement de la ZEK, indépendamment du délai de cinq ans du registre des poursuites (art. 8a al. 4 LP). Demandez un extrait de vos données pour connaître la date exacte de chaque entrée.
Une poursuite contestée apparaît-elle dans mon score de solvabilité ?
Elle peut y figurer si l'agence a eu connaissance de la procédure. Une poursuite frappée d'opposition et restée sans suite est une donnée que vous pouvez contester au titre de l'art. 32 LPD.